Valentine et Roméo...

Publié le par Princesse Petit Pois

Au début, il m'avait dit tu verras, moi je suis certain qu'on aura des jumeaux. Un jour. J'avais répondu mais bien sûr, mon chéri, et les bananes elles poussent dans les sapins... N'ayant aucun antécédent...

C'était avant l'arrêt de la pilule, avant la ribambelle de tests de grossesse tous plus négatifs les uns que les autres, avant le spermogramme qui a sérieusement réduit mes espoirs, avant son infection urinaire, avant les 2 FIV ICSI et leurs retentissants échecs.

Avant donc, on avait choisi les prénoms de nos futurs enfants. Ils n'étaient pas encore dans mon ventre, pas encore dans ma vie, mais déjà dans ma tête et dans mon coeur...

Et puis, et puis, en février dernier, j'ai décidé de commencer par changer de boulot. Et puis ça a marché. Et puis j'ai négocié des vacances. Et puis nous sommes partis au Japon. Un long mois. Et puis nous sommes revenus. Et puis j'ai racheté des Craven A. Et puis j'ai intégré une nouvelle équipe. Très sympa. Et puis j'ai été mieux payée. Et puis j'ai attendu. Et puis un soir, dans le noir, il ma demandé ce qui n'allait pas. Gentiment.

C'était un mardi, entre minuit et une heure du matin. J'ai senti que ça n'était pas une heure raisonnable pour parler de choses sérieuses. Mais j'ai quand même répondu. Que je me posais des questions sur notre vie, notre couple, et que je voudrais bien qu'on le fasse, ce bébé. Il m'a dit qu'il ne voulait pas refaire de FIV. Et qu'il ne voulait pas d'enfant. Égoïstement. Que j'étais son centre du monde et qu'il n'en voulait pas d'autre. Qu'en plus, je le savais. Que de toutes façons, on ne pouvait pas continuer comme ça, sans vie sexuelle ou presque. Que sa position était la suivante : soit je l'aimais et je voulais faire ma vie avec lui, mais ce serait sans enfant, soit on n'avait qu'à se séparer. Que bien entendu, si miracle il y avait, il ne me demanderait pas de me faire avorter. Qu'il me laissait le temps de faire le tri dans ma tête...

J'ai dit que moi, ce que je savais, c'était ce qu'on se disait. Que quand j'avais voulu arrêter la pilule, il avait dit oui. Que le jour de mes 35 ans il m'avait dit qu'il me ferait un enfant. Que c'était pas de chance si ça n'avait pas marché. Qu'on s'était dit qu'on tentait les FIV. Et que pour l'adoption, on verrait après. Que depuis plus 2 ans et demi, chaque mois, j'espérais être enceinte. Et que là, pour le coup, je me sentais trahie...

Voilà, en trois quart d'heure, au milieu de la nuit, mon sort fut scellé. Ca faisait des mois que je n'avais pas pleuré. Mais je me suis sentie fatiguée, fatiguée, mais fatiguée... J'ai fini par aller voir mon médecin, qui m'a prescrit de quoi tenir le coup. Je n'ai pas honte à m'octroyer un peu de répit. Ca ne change rien au problème. Ca m'évite juste de me sentir mourante. Ca me permet juste de me lever le matin, et de faire mon travail. Ca m'aide à gérer le quotidien. Et puis, soyons sérieux, on ne soigne pas la déprime à coups d'aspirine.

J'ai raconté tout ça à mon médecin. Et le reste aussi. Un quotidien agréable certes, avec un homme aux petits soins, mais que j'aspirais à plus de sorties avec les copains - pas si nombreux - à des rencontres amicales, à des soirées de couple, à des enfants naturels ou adoptés peu importe, à des vacances, à des week end... Je lui ai dit que je me demandais où j'avais foiré, que j'avais le sentiment d'être une looser, et que j'avais honte de moi. Elle m'a répondu que je ne pouvais pas endosser la responsabilité de tout et de tous. Que mon conjoint n'adhérait pas à mon projet. Point. Que j'avais une vision du couple où on regarde ensemble dans une même direction. Et que là, il me regardait, moi, et que ça lui suffisait. A lui. Et pas à moi ; et que visiblement je ne savais plus ou regarder.

D'une voix très douce, elle a rajouté que j'éprouvais de la frustration, un sentiment de perte, et une profonde désillusion. Et que c'était pas facile. Je crois qu'elle a parlé de deuil. Ou bien j'ai rêvé. Et là je me suis souvenue, et mes yeux se sont remplis de larmes. En plus il y a quelques années, on avait même choisi les prénoms des enfants. Valentine et Roméo...

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Publié dans Questions annexes...

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V
bonjour, ce texte est vraiment très émouvant, je ne peux me résoudre à comprendre ton conjoinds, comment peut-on priver la personne que l'on aime de ce qu'elle désire tant? ce qui m'a attirer sur cet article, ce sont les prénom que tu aurais voulu pour tes jumeaux... Valentine et Roméo, moi même prénommée Valentine et mon conjoins Roméo,cela me touche de voir que les homme peuvent changer en quelque année... sur ce bonne continuation, de désespére pas, tout arrive à qui sait attendre, et puis il n'y a pas d'âge pour avoir des bébé!
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L
Une très bonne année à toi ! <br /> En espérant qu'elle sera plus sereine que la précédente.
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P
@ Lola : merci pour ton message. Je me requinque, doucement. La suite dès que possible.<br /> Des bises
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L
Toujours pas de nouvelles ?<br /> Un dialogue renoué, un chemin repris ensemble, des routes qui se séparent, quelle que soit voie qui te rende heureuse aujourd'hui, vient vite nous raconter.<br /> Plein de pensées.
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P
@ Toutes : merci pour vos messages, des nouvelles bientôt
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