Aujourd’hui j’ai reçu un mail d’une copine du forum FIV France. A propos d’une sombre histoire de brouille avec son homme. Et bien… J’ai un peu le
même à la maison, voilà ce que je me suis dit en la lisant ! Et j’avoue que j’ai explosé de rire devant mon ordinateur à la lecture de la sentence : mon mec est un « GROS BOURRIN
IMMATURE »…
Forte de cette bonne tranche de rigolade par ces temps sombres à souhait, je lui ai fait une réponse que je livre à peine retravaillée, n’étant pas
du tout certaine de retrouver de sitôt ce petit sursaut d’énergie bionique qu’on appelle l’humour (et que ça m’a quand même pris deux bonnes heures à mobiliser, sur mon temps de travail,
c’est-à-dire à nos impôts j’assume c’est mal)…
Donc donc donc. Faute avouée étant à moitié pardonnée, voici en vrac mes pensées du moment…
Les hommes à fond sur les bébés, ça ne court quand même pas les rues… La preuve, quand on discute avec les copines, c’est plus souvent « je lui
ai dit que j’arrêtais la pilule et il m’a répondu OK » ; fin de la discussion… Et 9 (ou 10, ou 12) mois et un bébé plus tard, à l’heure de l’apéro, l’homme faisant faire le rot au
nourrisson, fort de son statut de chef de famille – pour de vrai – joue donc au grand en disant aux couples « sans » que « et bien tu vois, je savais qu’Elle serait la mère de mes
enfants »… Et blabla blabla… Mais dis-toi bien que si tu vas faire un tour en cuisine, la femme te racontera peut-être, si vous êtes intimes, qu’en fait à l’origine il s’en tamponnait
le coquillard, d’avoir un chiard….
Bon et ces mêmes hommes, quand le pitchou ou la pitchoune est là, de s’extasier sur :
- le grand fiston au QI si élevé (qui a compris où se trouvaient les petit-suisse et qui par conséquent ouvre le placard toutes les deux minutes pour se servir
TOUT SEUL - quelle autonomie ce petit est un génie !), et au goût si précoce pour les belles choses (vu le regard dudit fiston – enfin, avec un peu d’imagination - sur la serveuse du
restaurant / la petite cousine Juliette, au choix)
- ou sur cette croquignolette pitchounette à son papounet (qui aura le droit de sortir à 21 ans, et à condition que le mec ait passé avec succès les épreuves
auxquelles le papounet en question pense depuis que la petite a prononcé son premier papapa…papapapa…pa…), qui est si douce (signifiant en réalité qu’elle a très vite compris qu’avec le père, le
clignement d’œil et le bisou baveux valaient mieux qu’une crise à se rouler par terre pour obtenir un quignon de pain / une poignée de cerise / une pochette surprise…)
Bref. Je crois que les hommes ordinaires sont assez rarement impliqués dans l’avant bébé. Après, en général, sauf pépin majeur, ça roule… Le
problème, c’est que quand il y a un truc qui dysfonctionne en amont, et a fortiori si c’est de leur côté, déjà qu’ils ont la trouille par anticipation de la paternité (la maturité, la
responsabilité, la sexualité, les copains, tout ça…), penser à/les renvoyer à leur « impuissance » (à procréer), avec en prime une forme « d’obligation » à tenir Madame
informée de résultats médicaux relevant – quand même – de leur intimité, ça leur donnerait plutôt limite envie de prendre leurs jambes à leur cou. D’où la stratégie du repli dans la tanière.
C’est-à-dire de l’écoutage sans discontinuer de tous les matches de football passant à la radio. Ou des travaux de toute nature chez les copains. Ou d’une fascination pour les sports dangereux.
Ou du nez perpétuellement plongé dans les dossiers. Ou des rêves ravivés d’aventurier…
« GROS BOURRIN IMMATURE ». J’aurai pu l’écrire. Mon homme fume - à mon humble avis - beaucoup trop de pétards, est un peu en surpoids, boit
un peu trop quand il est avec les copains, fait trop de voiture, travaille près de 70 heures par semaine, ne prend jamais de vacances, est très souvent stressé, n’aime les médecins que… de loin…
Je le supportais mieux quand je ne savais pas qu’il était stérile. Ca aurait même pu paraître limite franchement viril. Mais après deux traitements de FIV, je vois les choses autrement. Car mon
horloge biologique tourne, tourne, tourne… Et je ne me vois pas sans enfants. Et je ne fume plus (mes pourtant fameuses Craven A). Et je fais attention à avoir une vie plus saine. Et ça fait deux
ans que je reste dans la même boite seulement pour mener à bien ce projet de maternité. Et tout ça, au final, c’est un peu des sacrifices. Quand même. Et que je me sens parfois seule. Que ce
n’est pas le but. Et je finis par me dire que s’il ne se réveille pas (mon homme), ça ne marchera pas. Ni le bébé. Ni nous. Et c’est flippant. Parce que derrière ça, c’est l’inconnu. Et la peur
d’encore moins de bonheur.
Mais cela ne me donne pas le droit de lui pourrir la vie. Car honnêtement, à sa place, je m’enverrais bouler en deux minutes. Car 1/ je l’infantilise
un peu (les adultes sont sensés savoir ce qu’ils ont à faire) 2/ je viole son intimité (les résultats sont censés l’intéresser en premier chef) 2/ je médicalise la relation de couple (quand on
fait l’amour on n’est pas censés se préoccuper du nombre de spermatozoïdes contenus dans l’éjaculat, ni du taux de FSH ou que sais-je encore)… Si c’était moi qui étais stérile, il ferait
quoi ? Il me dirait que je suis la plus belle, que je n’ai peut-être pas de beaux ovules mais que question paire de seins, j’ai de quoi rendre jalouses toutes les filles du quartier, qu’il
adoooore mon parfum, que j’ai la peau trop douce, que mon porc aux palourdes sera toujours sa recette préférée, que la nuit c’est mieux quand il est collé contre moi, que je n’ai qu’un mot à dire
et il m’emmènera déguster quelques oursins dans mon refuge en Espagne… Enfin, je crois !
La pensée du jour donc : on ne peut pas faire les choses à leur place ; sinon, ils risquent plus de régresser que de grandir, nos
hommes…