L'oeil de Moscou...

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Faire un enfant ? On a le temps... Et puis on se lance... Eh oui, c'est qu'on a bientôt 35 ans... Aller, dans 5/6 mois il sera sans doute en route... Et on attend... Longtemps... Faut pas y penser qu'on me dit... Et hop on se détend, et hop ça va marcher ! Entre-temps, on félicite nos amis, qui ont forcément dû s'y prendre plus tôt... Et puis on doute... Mais on manque de temps... Et quand on a fait le ménage de printemps, au bout d'un an et demi de tests de grossesse négatifs, on se décide à faire les examens prescrits. Bien entendu, on reçoit les résultats par la poste... Donc on file sur le net. Et on comprend que c'est pas gagné. Sauf qu'on a la chance d'avoir choisi un gynécologue "Médailles d'Or des Hôpitaux" et spécialiste de la fertilité. No problémo dit-il, on demande un 100% stérilité et on part pour une ICSI. Une quoi ?

Samedi 2 août 2008

Au début, il m'avait dit tu verras, moi je suis certain qu'on aura des jumeaux. Un jour. J'avais répondu mais bien sûr, mon chéri, et les bananes elles poussent dans les sapins... N'ayant aucun antécédent...

C'était avant l'arrêt de la pilule, avant la ribambelle de tests de grossesse tous plus négatifs les uns que les autres, avant le spermogramme qui a sérieusement réduit mes espoirs, avant son infection urinaire, avant les 2 FIV ICSI et leurs retentissants échecs.

Avant donc, on avait choisi les prénoms de nos futurs enfants. Ils n'étaient pas encore dans mon ventre, pas encore dans ma vie, mais déjà dans ma tête et dans mon coeur...

Et puis, et puis, en février dernier, j'ai décidé de commencer par changer de boulot. Et puis ça a marché. Et puis j'ai négocié des vacances. Et puis nous sommes partis au Japon. Un long mois. Et puis nous sommes revenus. Et puis j'ai racheté des Craven A. Et puis j'ai intégré une nouvelle équipe. Très sympa. Et puis j'ai été mieux payée. Et puis j'ai attendu. Et puis un soir, dans le noir, il ma demandé ce qui n'allait pas. Gentiment.

C'était un mardi, entre minuit et une heure du matin. J'ai senti que ça n'était pas une heure raisonnable pour parler de choses sérieuses. Mais j'ai quand même répondu. Que je me posais des questions sur notre vie, notre couple, et que je voudrais bien qu'on le fasse, ce bébé. Il m'a dit qu'il ne voulait pas refaire de FIV. Et qu'il ne voulait pas d'enfant. Égoïstement. Que j'étais son centre du monde et qu'il n'en voulait pas d'autre. Qu'en plus, je le savais. Que de toutes façons, on ne pouvait pas continuer comme ça, sans vie sexuelle ou presque. Que sa position était la suivante : soit je l'aimais et je voulais faire ma vie avec lui, mais ce serait sans enfant, soit on n'avait qu'à se séparer. Que bien entendu, si miracle il y avait, il ne me demanderait pas de me faire avorter. Qu'il me laissait le temps de faire le tri dans ma tête...

J'ai dit que moi, ce que je savais, c'était ce qu'on se disait. Que quand j'avais voulu arrêter la pilule, il avait dit oui. Que le jour de mes 35 ans il m'avait dit qu'il me ferait un enfant. Que c'était pas de chance si ça n'avait pas marché. Qu'on s'était dit qu'on tentait les FIV. Et que pour l'adoption, on verrait après. Que depuis plus 2 ans et demi, chaque mois, j'espérais être enceinte. Et que là, pour le coup, je me sentais trahie...

Voilà, en trois quart d'heure, au milieu de la nuit, mon sort fut scellé. Ca faisait des mois que je n'avais pas pleuré. Mais je me suis sentie fatiguée, fatiguée, mais fatiguée... J'ai fini par aller voir mon médecin, qui m'a prescrit de quoi tenir le coup. Je n'ai pas honte à m'octroyer un peu de répit. Ca ne change rien au problème. Ca m'évite juste de me sentir mourante. Ca me permet juste de me lever le matin, et de faire mon travail. Ca m'aide à gérer le quotidien. Et puis, soyons sérieux, on ne soigne pas la déprime à coups d'aspirine.

J'ai raconté tout ça à mon médecin. Et le reste aussi. Un quotidien agréable certes, avec un homme aux petits soins, mais que j'aspirais à plus de sorties avec les copains - pas si nombreux - à des rencontres amicales, à des soirées de couple, à des enfants naturels ou adoptés peu importe, à des vacances, à des week end... Je lui ai dit que je me demandais où j'avais foiré, que j'avais le sentiment d'être une looser, et que j'avais honte de moi. Elle m'a répondu que je ne pouvais pas endosser la responsabilité de tout et de tous. Que mon conjoint n'adhérait pas à mon projet. Point. Que j'avais une vision du couple où on regarde ensemble dans une même direction. Et que là, il me regardait, moi, et que ça lui suffisait. A lui. Et pas à moi ; et que visiblement je ne savais plus ou regarder.

D'une voix très douce, elle a rajouté que j'éprouvais de la frustration, un sentiment de perte, et une profonde désillusion. Et que c'était pas facile. Je crois qu'elle a parlé de deuil. Ou bien j'ai rêvé. Et là je me suis souvenue, et mes yeux se sont remplis de larmes. En plus il y a quelques années, on avait même choisi les prénoms des enfants. Valentine et Roméo...

Par Princesse Petit Pois - Publié dans : Questions annexes...
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Vendredi 7 mars 2008
Aujourd’hui j’ai reçu un mail d’une copine du forum FIV France. A propos d’une sombre histoire de brouille avec son homme. Et bien… J’ai un peu le même à la maison, voilà ce que je me suis dit en la lisant ! Et j’avoue que j’ai explosé de rire devant mon ordinateur à la lecture de la sentence : mon mec est un « GROS BOURRIN IMMATURE »…
 
Forte de cette bonne tranche de rigolade par ces temps sombres à souhait, je lui ai fait une réponse que je livre à peine retravaillée, n’étant pas du tout certaine de retrouver de sitôt ce petit sursaut d’énergie bionique qu’on appelle l’humour (et que ça m’a quand même pris deux bonnes heures à mobiliser, sur mon temps de travail, c’est-à-dire à nos impôts j’assume c’est mal)…
 
Donc donc donc. Faute avouée étant à moitié pardonnée, voici en vrac mes pensées du moment…
 
Les hommes à fond sur les bébés, ça ne court quand même pas les rues… La preuve, quand on discute avec les copines, c’est plus souvent « je lui ai dit que j’arrêtais la pilule et il m’a répondu OK » ; fin de la discussion… Et 9 (ou 10, ou 12) mois et un bébé plus tard, à l’heure de l’apéro, l’homme faisant faire le rot au nourrisson, fort de son statut de chef de famille – pour de vrai – joue donc au grand en disant aux couples « sans » que « et bien tu vois, je savais qu’Elle serait la mère de mes enfants »… Et blabla blabla… Mais dis-toi bien que si tu vas faire un tour en cuisine, la femme te racontera peut-être, si vous êtes intimes, qu’en fait à l’origine  il s’en tamponnait le coquillard, d’avoir un chiard….
 
Bon et ces mêmes hommes, quand le pitchou ou la pitchoune est là, de s’extasier sur :
-          le grand fiston au QI si élevé (qui a compris où se trouvaient les petit-suisse et qui par conséquent ouvre le placard toutes les deux minutes pour se servir TOUT SEUL - quelle autonomie ce petit est un génie !), et au goût si précoce pour les belles choses (vu le regard dudit fiston – enfin, avec un peu d’imagination - sur la serveuse du restaurant / la petite cousine Juliette, au choix)
-          ou sur cette croquignolette pitchounette à son papounet (qui aura le droit de sortir à 21 ans, et à condition que le mec ait passé avec succès les épreuves auxquelles le papounet en question pense depuis que la petite a prononcé son premier papapa…papapapa…pa…), qui est si douce (signifiant en réalité qu’elle a très vite compris qu’avec le père, le clignement d’œil et le bisou baveux valaient mieux qu’une crise à se rouler par terre pour obtenir un quignon de pain / une poignée de cerise / une pochette surprise…)
 
Bref. Je crois que les hommes ordinaires sont assez rarement impliqués dans l’avant bébé. Après, en général, sauf pépin majeur, ça roule… Le problème, c’est que quand il y a un truc qui dysfonctionne en amont, et a fortiori si c’est de leur côté, déjà qu’ils ont la trouille par anticipation de la paternité (la maturité, la responsabilité, la sexualité, les copains, tout ça…), penser à/les renvoyer à leur « impuissance » (à procréer), avec en prime une forme « d’obligation » à tenir Madame informée de résultats médicaux relevant – quand même – de leur intimité, ça leur donnerait plutôt limite envie de prendre leurs jambes à leur cou. D’où la stratégie du repli dans la tanière. C’est-à-dire de l’écoutage sans discontinuer de tous les matches de football passant à la radio. Ou des travaux de toute nature chez les copains. Ou d’une fascination pour les sports dangereux. Ou du nez perpétuellement plongé dans les dossiers. Ou des rêves ravivés d’aventurier…
 
« GROS BOURRIN IMMATURE ». J’aurai pu l’écrire. Mon homme fume - à mon humble avis - beaucoup trop de pétards, est un peu en surpoids, boit un peu trop quand il est avec les copains, fait trop de voiture, travaille près de 70 heures par semaine, ne prend jamais de vacances, est très souvent stressé, n’aime les médecins que… de loin… Je le supportais mieux quand je ne savais pas qu’il était stérile. Ca aurait même pu paraître limite franchement viril. Mais après deux traitements de FIV, je vois les choses autrement. Car mon horloge biologique tourne, tourne, tourne… Et je ne me vois pas sans enfants. Et je ne fume plus (mes pourtant fameuses Craven A). Et je fais attention à avoir une vie plus saine. Et ça fait deux ans que je reste dans la même boite seulement pour mener à bien ce projet de maternité. Et tout ça, au final, c’est un peu des sacrifices. Quand même. Et que je me sens parfois seule. Que ce n’est pas le but. Et je finis par me dire que s’il ne se réveille pas (mon homme), ça ne marchera pas. Ni le bébé. Ni nous. Et c’est flippant. Parce que derrière ça, c’est l’inconnu. Et la peur d’encore moins de bonheur.
 
Mais cela ne me donne pas le droit de lui pourrir la vie. Car honnêtement, à sa place, je m’enverrais bouler en deux minutes. Car 1/ je l’infantilise un peu (les adultes sont sensés savoir ce qu’ils ont à faire) 2/ je viole son intimité (les résultats sont censés l’intéresser en premier chef) 2/ je médicalise la relation de couple (quand on fait l’amour on n’est pas censés se préoccuper du nombre de spermatozoïdes contenus dans l’éjaculat, ni du taux de FSH ou que sais-je encore)… Si c’était moi qui étais stérile, il ferait quoi ? Il me dirait que je suis la plus belle, que je n’ai peut-être pas de beaux ovules mais que question paire de seins, j’ai de quoi rendre jalouses toutes les filles du quartier, qu’il adoooore mon parfum, que j’ai la peau trop douce, que mon porc aux palourdes sera toujours sa recette préférée, que la nuit c’est mieux quand il est collé contre moi, que je n’ai qu’un mot à dire et il m’emmènera déguster quelques oursins dans mon refuge en Espagne… Enfin, je crois !
 
La pensée du jour donc : on ne peut pas faire les choses à leur place ; sinon, ils risquent plus de régresser que de grandir, nos hommes…
Par Princesse Petit Pois - Publié dans : Questions annexes... - Communauté : PMA, ADOPTION: on veut un bébé
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Mercredi 20 février 2008
Je voudrai que mon Homme me prenne dans ses bras et me dise je suis là, et ça va marcher
Au lieu de "en ce moment, j'ai plus besoin de fumer des pétards que d'avoir un bébé"

Je voudrai que mon Homme me console 
Au lieu de se réfugier dans le travail

Je voudrai que mon Homme m'emmène en week end
Au lieu d'aller planter de l'herbe dans le garage d'un copain

Je voudrai avoir envie de quelque chose, comme préparer mon entretien d'embauche de cet après-midi
Au lieu d'écouter en boucles des chansons tristes comme quand j'étais ado
Par Princesse Petit Pois - Publié dans : Questions annexes... - Communauté : PMA, ADOPTION: on veut un bébé
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