Mon expérience, du projet d'enfant au diagnostic d'infertilité...

Publié le par Princesse Petit Pois

J'avais prévu de faire un article sur le fait d'en parler à ses proches, ou pas, mais je vais plutôt commencer par le commencement...

En mai 2006, je ne prenais plus la pilule depuis 2 ans (je suis fumeuse, je sais c'est mal...  Et j'en avais marre et préférais les méthodes alternatives), et depuis quelques mois mon conjoint avait accepté de tenter d'avoir un bébé... Je me souviens qu'à l'approche de la naissance de ma nièce Lola, j'avais dit à ma meilleure amie que je voulais avoir un enfant, et que j'avais peur que ça ne marche pas. Elle m'avait rassurée (ça fait aussi partie des joies de l'amitié), et me disait de ne pas m'inquiéter... Je n'en avais pas parlé à ma famille. 

En juin, je suis quand même allée voir le gynécologue des mes deux soeurs, spécialisé en PMA. Au cas où... Pour me rassurer, il m'avait fait faire un bilan hormonal (bon) et une hystériographie (bonne). Fin août, il m'avait prescrit un spermogramme pour février 2007, au cas où... 

En août, j'ai fait mon premier voyage de ma vie d'adulte, en Asie, où vivent ma meilleure amie et son amoureux depuis maintenant 4 ans. Je me disais naïvement que ces premières vraies vacances de ma vie allaient me détendre et que le miracle allait s'opérer. Je fantasmais sur la conception à l'autre bout du monde. J'avais prévu une semaine sur une île avec au programme hutte sur une baie paradisiaque, avec cocotiers, coquillages et crustacées... Et je me disais que je raconterais à notre enfant une jolie histoire pour bien conmmencer sa vie...

Début septembre, ayant des douleurs aux seins, j'ai refait un test de grossesse, qui s'avéra négatif, encore une fois (ces douleurs étant pour moi, en fait, un tout nouveau syndrome prémenstruel). A ce moment là, très occupée par mon travail et par un engagement associatif dont je ne pouvais pas me libérer, j'ai pris mon mal en patience...

A Noël, ma meilleure amie est revenue pour les fêtes. On s'est donné rendez-vous dans un bar... à bière ! Lorsque je suis arrivée, je lui ai demandé ce qu'elle buvait et elle m'a répondu "rien merci j'ai déjà bu"... Dix minutes plus tard, elle n'avait toujours pas allumé de cigarette (pour une fumeuse de 2 paquets par jours...). Bref, j'ai envoyé son amoureux faire un tour 5 minutes et je lui ai demandé si, par hasard, elle n'aurait pas une bonne nouvelle à m'annoncer... Ce qu'elle a fait, toute émue ! J'étais heureuse pour elle, mais je lui en voulais un peu de ne pas m'avoir dit qu'elle avait ce projet (ce que je lui ai pas dit, bien entendu, j'aurai été à coté de la plaque...). Bref, elle m'a dit qu'elle ne voulait pas en parler pour ne pas avoir la pression... J'ai compris. A partir de ce moment là, j'ai décidé de ne surtout plus parler de mon projet, car je commençais à flipper...

Le 1er janvier 2007, nouvelle année oblige, je me suis concentrée sur d'autres projets : faire un voyage autour du monde avec mon conjoint, changer de job (et retourner dans le secteur privé), mettre un terme à mon mandat de présidente d'association... 

Fin janvier, intéressée par un poste de direction d'une structure de 15 salariés, j'ai refait mon CV, et j'ai finalement été recommandée auprès d'un "chasseur de tête", que j'ai rencontré au terme de plusieurs entretiens téléphoniques. J'avais dit à mon conjoint que si j'avais ce poste, on remettrait à plus tard cette grossesse. Donc quand le recruteur m'a posé la question fatale (vu mon âge), j'ai répondu, faussement sereine, que ce n'était pas un projet immédiat. Du tout. Mais je savais que la date prévue pour le spermogramme approchait... Et je me disait qu'à l'heure où le taux d'infertilité touche quand même au moins un couple sur dix (si je ne dis pas de bêtises), cette question était quand même un peu choquante. Si j'avais su, à ce moment là, qu'aurais-je répondu ? En tout cas, je n'ai pas eu le poste, dont j'ai appris par le "chasseur de tête" qu'il avait été pourvu en interne, et ce un dimanche soir à 22 heures, veille de mon entretien ave le PDG !!!!!!

Début février, j'avais le moral dans les chaussettes. Plan boulot à l'eau, plan association vraiment très rude (une femme dans un mode d'hommes, ça dérange...), une amie allait accoucher, ma soeur cadette venait d'annoncer une deuxième grossesse... Bref. Je suis allée voir mon ancienne thérapeute. Qui m'a dit que j'allais mal, et que cela expliquait sans doute le fait que je ne tombe pas enceinte. Ah bon ai-je répondu ! Vous déprimez m'a-t-elle dit, en me prescrivant du Stablon. Bon, va pour le Stablon. J'ai pris mes petits comprimés sagement, en espérant que l'effet indirect serait un test de grossesse positif ! J'ai donc attendu, attendu...

En mars, mon conjoint n'était plus aussi certain de vouloir un enfant, ce qu'il disait à qui voulait bien l'écouter... Pressentiment ou réel revirement ? J'étais un peu perdue... 

En avril, nous avons emmenagé dans un nouvel appartement (que nous venions d'acheter), et nous avons pris une semaine de congés pour arranger notre cocon (très chouette cocon au demeurant). Que pensez-vous que je me suis dit ? On quitte 32 m² pour 45 m² avec balcon, les conditions sont donc réunies...

En juin, mon conjoint se demandait quelles étaient mes priorités dans la vie, en dehors de mon engagement associatif et de mon travail. C'est vrai que je manquais d'énergie et de temps pour m'occuper de la décoration de notre maison. De mon côté, constatant que ma ligne stratégique n'était pas partagée par tous au sein de l'association que je préside, n'ayant pas vocation à faire le bonheur des gens malgré eux, et ayant besoin de m'occuper de moi aussi, un peu, j'ai décidé de remettre ma démission au Conseil d'Administration. La passation se fait mal (c'est une autre histoire, que je raconterai peut-être un jour), mais je sais que mi-septembre je serai à nouveau plus libre. Bref. 
Que de détours pour dire que c'est à ce moment là que j'ai souhaité que mon conjoint fasse le spermogramme prescrit un an plus tôt...

Edit 1 : j'ai éte un peu longue... 
Edit 2 : j'ai la crève et j'ai décidé de rester chez moi, donc je risque de poster beaucoup aujourd'hui...

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Publié dans Le diagnostic...

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