Spermogramme : OATS sévère
Je sais, mes titres ne sont pas "sexy", mais je me dis qu'un peu de précision aidera peut-être ceux qui, comme moi, font leurs premières investigations sur un moteur de recherche, auront plus de chances de trouver ce blog...
J'en étais donc au spermogramme... Lundi 16 juillet 2007, mon conjoint part faire cet examen, sans inquiétude apparente. En bref, une salle d'attente pleine, un comptoir sur lequel une jeune femme pose un pot en plastique, en lui indiquant la marche à suivre... Devant lui, un couple qui part de concert dans les salles dédiées au fameux recueil. Une solution à retenir pour l'avenir ? Lorsqu'il me raconte les conditions du "recueil" (salle moyennement propre, livres érotiques datant de l'an pèbre...) je ne sais pas si je dois rire, compatir, ou les deux...
En partant, le labo lui dit qu'il enverra les résultats avant la fin de la semaine, avec copie à mon gynécologue. Le vendredi, toujours rien, et je m'impatiente. Le samedi matin, alors que nous partions faire une virée pour la journée avec des amis, la boite aux lettres contient une enveloppe. On décide de l'ouvrir de retour à la maison.
Le samedi soir donc, il ouvre l'enveloppe. Des chiffres en enfilade, et un diagnostic : Oligoasthénospermie importante, quelques atypies, leucocytes nombreux. Pour moi, du charabia, sauf que je comprends qu'il n'y a pas écrit "examen normal". Mais j'ai encore un peu d'espoir, pensant (à tort !) qu'en cas de mauvais résultats on l'aurait appelé pour accompagner la nouvelle. A l'heure d'Internet, nous faisons donc des recherches chacun de notre côté. Et là je l'entends dire "c'est mort, c'est mort". Je lui demande pourquoi, il me répond que selon un tableau sommaire permettant la lecture du spermogramme et du spermocytogramme, qu'il a des spermatoizoïdes en très faible quantité (2 millions par ml, la fourchette basse de la normale étant de 40 millions par ml), qu'ils sont très peu mobiles (5 % après une heure, la fourchette basse de la normale étant de + 80 % après une heure), et qu'ils présentent pas mal d'atypies (64 %, la fourchette basse de la normale étant de - de 30 %).
Face à ce pré-diagnostic, réaction de défense, et de défiance :
- les conditions du receuil n'étaient pas bonnes, ça ira mieux la prochaine fois
- je ne veux pas devenir une bête de laboratoire
- hors de question de faire une IA ou une FIV
- on n'aura pas d'enfant que veux-tu...
Le jeudi 26 juillet, je vais chez mon gynécologue. Seule. Mon conjoint ne veut pas m'accompagner. Etonnement du gynéco, qui me confirme le diagnostic d'OATS sévère, et m'indique que la seule solution d'avoir des enfants "naturels" est la FIV ICSI directe, sans passer par les autres solutions de PMA, qui seraient, au vu des résultats, vouées à l'échec... Gloups ! J'essaie de digérer en temps réel les informations, et je lui explique que tout de même 1/ C'est une nouvelle sans doute compliquée à gérer pour un homme, ce qui peut expliquer son absence 2/ Je suis très mécontente que le labo ait envoyé des résultats de cette nature sans les accompagner 3/ Je ne suis pas certaine que mon conjoint souhaitera rentrer dans un protocole trop lourd, au vu de ses derniers propos...
Puis je lui demande qu'il me confirme qu'un "régime" pour améliorer les résultats du spermogramme ne serviraient à rien. Ca peut encore se détériorer me répond-t-il. Regloups ! Il me dit "vous avez la chance d'avoir un gynéco qui est un des premiers co-fondateurs du premier centre de PMA en France. Là vous êtes un cas de 100 % de stérilité, donc la sécurité sociale prendra entièrement en charge la PMA. Et la seule fois où l'on aura besoin de votre conjoint c'est pour le recueil permettant de réaliser la FIV. A condition qu'il soit là la prochaine fois, sinon il est hors de question de lancer ce protocole ; il faut que les deux membres du couple soient "à fond" sur ce projet d'enfant. Vous aurez besoin de soutien, et je ne fais pas de FIV pour répondre au désir de grossesse d'un femme seule". J'acquiesce. Le corps médical ne peut résoudre que des questions médicales, et non des problématiques de couple. Et puis je sais qu'il a raison. C'est une question d'éthique. Mais je repars quand même avec deux brochures sur la FIV ICSI, et un tout petit espoir "dans 2/3 mois vous serez enceinte"...
Sauf que, sauf que... Que se passera-t-il si les résultats complémentaires préalables à toute action de FIV sont mauvais ? Que se passera-t-il si mon conjoint a une affection grave, de type infectueux ou génétique ? Je me le demande... Souhaiterait-il le savoir ? Je n'en suis pas certaine. Alors, dois-je l'inciter à faire ces tests ? Une fois encore je vais me tourner du côté de l'éthique. Et franchement, si vous avez des pistes, je suis preneur.